Pourquoi une Agriculture Biologique

La conversion d’une agriculture conventionnelle vers une agriculture « Biologique » a été finalisée en 2010. On ne devient pas viticulteur bio en se réveillant le matin, car la culture de la vigne  demande beaucoup d’engagement, de sacrifices et de présence. Il faut cultiver la dimension humaine, « parler » à sa terre comme les anciens, apprivoiser les herbes indésirables et en faire des auxiliaires, et être en accord avec soi-même.

Il n’est pas évident de faire table rase de méthodes qui ont apporté un certain confort et plus de facilité et parfois d’efficacité, mais c’est devenu indispensable. L’emploi de produits chimiques n’a que 50 ans, et déjà des dégâts irrémédiables sur la faune, la flore, le milieu naturel et les humains sont inquiétants. L’appauvrissement de la faune, de la flore, l’arrivée de plantes envahissantes, la pollution des eaux souterraines, les maladies, cancers ne préfigurent rien de bon. L’on n’ose imaginer ce que cela deviendrait si ces méthodes étaient perpétuées.

Dans la vigne, les changements concernent la Fertilisation, la protection de la plante contre les maladies et ravageurs et l’entretien du sol.

En conventionnel, la fertilisation se fait principalement à partir d’engrais minéraux obtenus par synthèse chimique. Sur notre exploitation nous élaborons un « compost maison » à partir de fumier d’une exploitation bovine et ovine elle-même en bio, ainsi que de notre propre troupeau de vaches écossaises. S’y ajoutent les marcs de raisin de l’exploitation. Les bois de taille restent aussi dans la vigne et sont broyés. Une alimentation équilibrée est gage d’une plante en bonne santé.

En Bio, la protection de la plante contre les maladies n’a pas recours à la chimie, seuls des produits naturels de contact comme le cuivre et le soufre peuvent être utilisés.

Au sol, l’espace entre les rangs est enherbé et fauché à plusieurs reprises au cours de l’année. Nous avons été parmi les premiers en Alsace à pratiquer l’enherbement naturel de l’inter-rang. Mais pour préserver le potentiel de production, il faut impérativement limiter la concurrence de l’herbe et des adventices par rapport aux pieds de vigne.

Le désherbage, indispensable sous le rang, se fait de façon mécanique avec une finition manuelle. Les produits chimiques comme le glyphosate, sont totalement proscrits. Le travail du sol est très chronophage car il faut s’y prendre à plusieurs reprises au cours de l’année pour assurer une propreté suffisante sous les rangs de vigne. Comme aucune machine ne sait approcher suffisamment le pied de vigne pour un travail impeccable, il ne nous reste que la pioche pour nettoyer le pourtour des pieds. Il va sans dire que cela se corse encore un peu dans l’ « Eichelberg » et le « Schieferberg » du fait de la raideur des pentes.

Pasteur a dit : « le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons. » Cela doit rester vrai grâce à une production dans le respect de la nature et des hommes.

                                                                                   Patrick Geiger

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